Le thé vert est né en Chine il y a environ 5000 ans. Selon la légende, l'empereur Shen Nung aurait découvert le thé lorsque des feuilles de théier tombèrent par hasard dans son eau bouillante. Rapidement, cette boisson s'est répandue à travers l'Asie, notamment au Japon où elle a été élevée au rang d'art avec la cérémonie du thé.
Les premières traces historiques fiables du thé remontent à la dynastie Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.), où il était principalement utilisé à des fins médicinales. Le thé vert était alors considéré comme une plante aux vertus curatives, particulièrement prisée par les moines bouddhistes qui l'utilisaient pour rester éveillés durant leurs longues méditations.
C'est sous la dynastie Tang (618-907) que la culture du thé se démocratise véritablement en Chine. Lu Yu, un érudit de cette époque, rédige le "Cha Jing" (Classique du thé), premier traité complet sur l'art du thé qui codifie sa préparation et sa dégustation. Cette période marque l'âge d'or du thé vert en Chine.
Le thé se répand ensuite au Japon au IXe siècle, introduit par des moines bouddhistes revenus de Chine. Les Japonais développent leur propre culture du thé, créant des variétés spécifiques comme le matcha et le sencha, et élaborant la cérémonie du thé (chanoyu) qui devient un art raffiné.
La différence fondamentale entre le thé vert et les autres types de thé réside dans son processus de fabrication. Contrairement au thé noir qui subit une fermentation complète, le thé vert est traité immédiatement après la cueillette pour empêcher l'oxydation des feuilles. En Chine, cette étape se fait traditionnellement par torréfaction dans des woks chauffés, tandis qu'au Japon, on utilise plutôt la vapeur d'eau. Cette méthode de traitement préserve les polyphénols et les catéchines, notamment l'EGCG (épigallocatéchine gallate), qui donnent au thé vert ses propriétés antioxydantes et sa couleur caractéristique. Elle explique aussi pourquoi le thé vert conserve un goût plus végétal et frais comparé aux thés fermentés.
L'expansion du thé vert vers l'Occident s'est faite plus tardivement, principalement à partir du XVIIe siècle par l'intermédiaire des compagnies commerciales européennes. Cependant, les Européens ont longtemps préféré le thé noir, plus adapté aux longs voyages maritimes et à leurs habitudes gustatives.
Aujourd'hui, le thé vert connaît un regain d'intérêt mondial, particulièrement apprécié pour ses bienfaits sur la santé et sa richesse culturelle. La Chine reste le premier producteur mondial, suivie du Japon, chaque région développant ses propres variétés et méthodes de préparation qui reflètent des siècles de tradition et de savoir-faire.